L’origine du Mystérieux site de Tiahuanaco


Le niveau de développement technologique de l’Empire inca est prouvé historiquement et souvent consigné dans des écrits datant de l’époque.

L'origine du Mystérieux site de Tiahuanaco

Il ne pose donc pas de problème à l’interprétation. Mais rien ne prouve que ces hommes dont l’histoire a gardé la trace furent les bâtisseurs de ces fabuleux monuments. Bien plus, tout, en apparence, semble indiquer qu’ils ne furent ni les concepteurs, ni les réalisateurs de l’architecture de leurs « lieux de culte » aux dimensions cyclopéennes.D’une part la précarité de leur mode de vie, d’autre part la densité même des édifices dressés sur une période très courte, et la monumentalité de la plupart des constructions s’accordent mal. C’est la raison pour laquelle nous devons risquer un mode de compréhension qui dissocie les habitants des constructeurs.

L’argumentation qui consiste à faire ressortir la contradiction qu’il y a entre les réalisations architecturales supposées d’une civilisation et, comparativement, la faible évolution de ses techniques, nous apparaît impérieusement nécessaire si nous voulons comprendre l’origine du mystérieux site de Tiahuanaco.


Après des manifestations d’elles-mêmes aussi géniales et puissantes, les cultures pré-incas s’évanouissent dans les pages des livres d’histoire pour laisser parler les hommes d’autres cultures qui leur succédèrent. C’est la civilisation de Tiahuanaco qui, si l’on suit la classification enseignée par les spécialistes, prend le relais culturel des Mochicas et des Nazcas, à partir du VIe siècle apr. J.-C.

Dans le site archéologique de Tiahuanaco, en Bolivie, la dimension colossale de l’architecture mégalithique a prévalu. Les vestiges sont visibles à 20 kilomètres sur le haut plateau de la rive sud du lac Titicaca, à 4000 mètres d’altitude.

Comme pour tous les édifices qui semblent dépasser la puissance de réalisation de l’homme, la légende s’est aussi emparée du site de Tiahuanaco.

L'origine du Mystérieux site de Tiahuanaco

Sur les 450 hectares que comporte l’ensemble du site, l’édifice principal est la pyramide d’Akapana, haute de 18 mètres, orientée selon les points cardinaux. Au nord-ouest, les vestiges du palais-temple de Kalasasaya (où se trouve la Porte du Soleil) se dressent face au temple semi-souterrain orienté suivant l’axe nord-sud. Une route passe entre la pyramide et le Kalasasaya (dont le nom signifie « les pierres dressées ») par un escalier à 7 marches dont les deux dernières constituent un bloc monolithique de plusieurs dizaines de tonnes. Pour la construction du temple, on a utilisé des mégalithes d’andésite d’un poids moyen de 30 tonnes. Aucun ciment n’a été employé pour des murs qui mesurent plus de 130 mètres de côté.

Le monument le plus célèbre de Tiahuanaco est la porte du Soleil. Elle est composée d’un seul bloc monolithique de 10 tonnes, haut de 2,73 mètres et large de 3,84 mètres. Le matériau qui la constitue est l’andésite dans laquelle a été découpée une porte de forme trapézoïdale. La partie supérieure du bloc qui correspond à l’architrave est décorée d’un bas-relief aux figures tantôt humaines, tantôt zoomorphes. La face postérieure de la porte est creusée de niches.

Dans la cour du temple, plusieurs statues sont disposées, représentant divers personnages ; entre autres, on peut voir un joueur de flûte de Pan et, à l’entrée, deux hommes à la chevelure de serpents. Le monolithe principal est celui dit de Bennet, haut de 7 mètres, sur le corps duquel on retrouve les figures de génies ailés visibles sur la porte du Soleil. La statue symbolisait aux yeux des Incas le dieu Viracocha. On remarque sur sa coiffe deux animaux à longue trompe que des commentateurs ont assimilés à des éléphants. Or les éléphants ont disparu du continent américain, il y a plus de 10 000 ans ! Ne serait-ce pas un élément invitant à une révision complète des chronologies ?

Mystérieux site de Tiahuanaco

A 980 mètres, au sud-ouest d’Akapana, on trouve les ruines de l’ensemble de Pumapunku.

« Pumapunku » signifie « porte des Jaguars ». L’enceinte quadrangulaire du temple mesure 150 mètres sur 120 de côté. Elle consiste aujourd’hui en un immense champ de ruines. Quel édifice se dressa en cet emplacement ? En vertu de l’interprétation religieuse prévalant en archéologie, la dénomination de « temple » s’applique aux pierres disloquées qui jonchent le sol et sont parmi les plus colossales qu’utilisa l’architecture précolombienne.

Les unes, épaisses de 2 mètres, mesurent 8 mètres de long et 5 mètres de large; d’autres ont un poids qui fut estimé à 15 tonnes minimum et 500 maximum. Ces pierres furent découpées perpendiculairement aux lignes de clivage, ce qui représente une difficulté considérable du point de vue technologique…


On a saisi au cours de cette description, l’importance de l’ensemble de Tiahuanaco et la somme des complexités qu’il recèle pour l’interprétation. De nouveau se pose la question des conditions de possibilité de l’architecture du centre de Tiahuanaco, étant donné la mise en œuvre de moyens que suppose sa construction.

Le complexe de Tiahuanaco paraît avoir été entouré d’habitations qui ne furent pas construites en pierre mais en briques crues et terre séchée, ainsi que cela est apparu d’après les fouilles les plus récentes.

Nous refusons de croire que les hommes qui habitèrent ces agglomérations précaires aient pu être les bâtisseurs de Tiahuanaco, simultanément.

L’analyse pétrographique des blocs qui entrent dans la construction des édifices a révélé l’utilisation des matériaux suivants : tuf volcanique, calcaire, grès rouge, basalte, andésite. Or aucune des carrières qui surplombent le lac Titicaca ne présente les caractères correspondant à ces types de pierres. Il faut s’éloigner à 70 ou à 300 kilomètres pour trouver les gisements qui auraient pu alimenter l’édification des ensembles de Tiahuanaco.

Sans la roue, sans la métallurgie du fer, sans les bêtes de trait, les archéologues nous invitent à imaginer les convois d’hommes qui, en altitude, par des routes de montagnes transportèrent sur 300 kilomètres des mégalithes pesant de 100 à 500 tonnes. Et il n’est pas certain qu’à l’heure actuelle, même notre matériel de pointe serait opérant pour cette tâche, étant donné la configuration du terrain.

Pour nous qui ne refusons pas l’idée qu’avant même les temps recensés par nos histoires, une civilisation très évoluée ait pu exister et s’épanouir sur la terre, dans la mesure où notre technologie moderne semble avoir été prise en défaut par les constructeurs de Tiahuanaco, il apparaît que cette civilisation antérieure a été apte à résoudre des problèmes pour lesquels nous n’avons aucune envergure technologique appropriée et qu’à la limite nous sommes incapables de raisonner.

Si puissante, si prospère que fût la civilisation de Tiahuanaco, elle s’efface mystérieusement des plateaux andins… et des manuels d’archéologie.


Source bibliographique : L’Archéologie d’avant l’histoire, Chantal Cinquin et Jean Suchy, éd. Laffont



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